La mobilité transfrontalière, moteur de l’amitié franco-allemande

Table-ronde du Club d’Affaires Franco-Allemand du Rhin Supérieur (CAFA-RSO) à Baden-Baden

Baden-Baden / Strasbourg, 19.2.2018
Près  de 120  participants des milieux politiques,  économiques  et grand public se sont rencontrés lundi  19.02.2018 dans la Salle de Conférence de  l’hôtel Société à  Baden-Baden pour discuter des difficultés, freins  et opportunités de la mobilité transfrontalière dans le Rhin Supérieur.
Le « Club d’Affaires Franco-Allemand du Rhin Supérieur – Oberrhein“ (CAFA-RSO) est à l’initiative de  cette soirée. Les deux co-présidents, Daniel Steck et Marduk Buscher ont introduit la discussion en relevant que « l’information et la mobilité transfrontalières sont les deux piliers sans lesquels une amitié durable entre les deux nations ne pourra subsister ».
Le ministre des transports du Bade-Wurttemberg , Winfried Hermann, en convint volontiers avant de détailler dans son discours  les projets stratégiques qui  devraient à l’avenir contribuer à améliorer les liaisons transfrontalières dans le Rhin supérieur.
Il a tout particulièrement insisté sur le fait que les orientations  devaient s’inscrire avant tout  dans une vision écologique  mettant l’accent sur   « moins de  trafic  et  plus de mobilité » de façon à pouvoir  répondre aux objectifs climatiques fixés par  la conférence mondiale de l’ONU (COP 21) à Paris. Les premières mesures à prendre doivent  «  améliorer les échanges » en faisant évoluer  l’offre de transport public  avec au minimum  une liaison par heure. Par ailleurs, pour favoriser  le trafic ferroviaire il est urgent de construire de nouveaux ponts en remplacement de ceux qui furent détruits durant la 2ème guerre mondiale, par exemple sur les  axes  Colmar-Fribourg i.Br. et Rastatt-Haguenau. Toutefois, dans ce cas, le soutien de Berlin et de Paris est impératif.
Tant que ceci ne sera pas réalisé, le transport ferroviaire pourrait être remplacé dans un premier temps par « des bus express de la Regio » avec un tarif transfrontalier unitaire se substituant aux divers tarifs régionaux.
En cas d’incidents techniques majeurs (comme celui  tout récemment du « tunnel de Rastatt ») il est impératif d’organiser de l’autre côté du Rhin une alternative de transport afin d’éviter toute interruption temporaire.
 
Ensuite côté France,  Evelyne ISINGER , Présidente de la commission  Transports  & Déplacements   de la Région Grand Est, collectivité territoriale nouvellement créée  ainsi que  le Président de l’Eurométropole de Strasbourg, Robert HERRMANN,  présentèrent leurs projets et réalisations  dans ce domaine .
Madame ISINGER a d’abord  tenu  à rappeler que sur ce nouveau territoire qu’est le Grand Est, qui s’étend du Rhin jusques aux portes de Paris,  l’urgence était de mettre l’infrastructure en place en adéquation avec les besoins actuels  et les  standards européens.   Ainsi il fallait procéder à la modernisation de toutes les gares et des rames,  de même qu’à l’amélioration des voies ferroviaires et des dispositifs de signalisation.
Il existait par ailleurs dans certains cas déjà une tarification harmonisée visant à favoriser les déplacements transfrontaliers.  Les innovations technologiques dans le numérique permettent de progresser dans ce domaine, notamment à travers la mise en place de e-Tickets, gérés via les Smartphones. Là où le transport ferroviaire est encore déficient, il serait,  et  Madame ISINGER, en  convient, en effet judicieux de mettre des bus rapides en service. Un premier pas en faveur d’une planification commune serait par exemple de procéder conjointement à des appels d’offre au plan européen pour l’acquisition de nouveaux matériels.
Quant à Robert HERRMANN, Président de l’Eurométropole Strasbourg, il  a mis en avant la dynamique en termes de création d’emplois et de croissance de la population du territoire dont il a la charge et a rappelé avec enthousiasme  les performances de « la banane bleue de l’Europe »,  ainsi que l’on désigne la Région Métropole du Rhin Supérieur, enviées par de nombreux pays d’Europe, en raison notamment de la forte densité de routes, d’aéroports, de voies fluviales. Bien sûr,  il faut toujours veiller à améliorer les infrastructures,  et on ne peut éternellement se satisfaire »  de ce qu’il n’ y ait pas plus de ponts qui franchissent le territoire du Rhin Supérieur qu’il n’y en a dans la seule ville de Cologne ».
Selon lui, il est temps de réfléchir sur de nouvelles technologies, comme des bus propulsés par des piles à combustible, les véhicules sans chauffeur, et aussi  le report du transport routier sur le fluvial.
Pour ce faire, il est important de décloisonner les structures administratives et d’appliquer judicieusement et  tant que possible  le principe de subsidiarité afin d’atteindre plus rapidement les objectifs.
 
Faisant suite à  ces trois  interventions,  un participant dans le public  pointa quelques déficits chroniques en matière d’infrastructures dans les transports publics transfrontaliers, démontrant  ainsi que «  tout n’est pas  aussi rose « dans ce domaine que ne le souhaiteraient les politiques.
La table ronde qui suivit, a réuni le Recteur de l’Université de Freiburg et Président du campus européen EUCOR, Prof. Dr. Hans-Jochen SCHIEWER,  François DUGIMONT, Directeur des Ressources Humaines de la société HEEL,  Jean-Claude PASTEL, fondateur et Président d’une entreprise franco-allemande de cartonnage et de logistique,  et  – last but not least – Ralph NEININGER, Directeur du „Allgemeinen Deutschen Fahrrad Clubs“ (ADFC) Baden-Baden Rastatt Bühl. 
Les intervenants  ont abordé, outre  les questions liées aux  insuffisances dans les infrastructures, les connexions peu optimisées entre les réseaux des deux pays ainsi que l’absence d’une politique tarifaire en adéquation avec la mobilité transfrontalière.  Une telle politique tarifaire serait  en effet le préalable à  une utilisation renforcée des modes de transports existants ou à venir,  par des usagers  ciblés,  comme les apprentis ou les étudiants intégrés dans des programmes bi - ou trinationaux dans le Rhin Supérieur.
 Le Président de l’EUCOR, Prof. Dr. Hans-Jochen SCHIEWER , a rappelé que le réseau EUCOR réunissant 5 Ecoles Supérieures et universités dans le Rhin Supérieur constituait «  un espace scientifique unique au monde » et que les 110 000 étudiants qui le composaient avaient besoin d’urgence d’une offre tarifaire transfrontalière compétitive. Actuellement pour se déplacer dans l’espace transfrontalier, il leur en coûte € 250 par mois.
Les politiques des 2 côtés du Rhin étaient d’accord sur le fait que les blocages étaient dûs à un « éparpillement des compétences » (Winfried HERMANN)  ainsi qu’à un problème « d’attribution des compétences » (Evelyne ISINGER), ce qui fait  que des problématiques aussi banales que l’introduction d’un péage pour éviter l’ engorgement de  certains axes routiers comme l’A 35 côté français, ou  encore l’enlèvement du panneau interdisant aux cyclistes de continuer leur route à la Staustufe Iffezheim, n’ont pu être évitées. L’accord était unanime sur le fait qu’il était impératif d’aménager à cet endroit une piste cyclable. 
Il n’aura pas échappé à l’observateur attentif qu’à l’issue de la soirée, les  deux  responsables en matière de transport et de déplacements, Winfried HERMANN et Evelyne ISINGER , ont échangé leur carte de visite afin de poursuivre les discussions  engagées grâce à la manifestation  et faire progresser  ainsi les points qui posent encore problème.
Parmi les invités présents,   citons  Gerhard KÜNTZLE , Consul Général de la République Fédérale d’Allemagne à Strasbourg, Nicolette KRESSL, Présidente de la Région Karlsruhe, Jürgen BÄUERLE,  Landrat du Landkreis de Rastatt ainsi que Franck SCHERER, Landrat du Landkreis Ortenau, Rémi BERTRAND, Président de l‘ Eurodistrikt PAMINA, le Président du Bündnis90/die Grünen de Rastatt également membre de l’Assemblée Régionale, Manuel HUMMEL,  et le Directeur  du Commerce Extérieur  et des Infrastructures à la IHK Karlsruhe, Udo GÖTSCHEL .
Evelin KÖNIG  a animé les discussions  avec brio. Elle est non  seulement connue  depuis près de20 ans pour ses émissions  „Kaffee oder Tee“ et „ARD-Buffet“ au sein de la télévision publique ARD/SWR mais elle s’est engagée également depuis un an dans le mouvement européen citoyen „Pulse of Europe“ qu’elle dirige à Baden-Baden. «  Pulse of Europe »  était d’ailleurs  également partenaire de la soirée, de même que le „Bundesverband Mittelständische Wirtschaft“ (BVMW, association des entreprises allemandes de taille intermédiaire) et le Club d’Affaires Franco-Allemand du Bade-Württemberg  de Stuttgart.
Durant toute la soirée, planait majestueusement au-dessus de la salle,  l’Hybrid-Airplane de la start-up du même nom à Baden Baden,  dont l’objectif est de réunir en miniature – et c’est réussi ! -  les avantages de l’avion, de l’hélicoptère et de la montgolfière. L’appareil a obtenu les autorisations administratives pour voler au-dessus d’un public  aussi bien  en intérieur  qu’en extérieur,  lui permettant  ainsi de filmer le déroulement de la manifestation, l’ensemble des débats  ainsi que le  « verre de l’amitié »  auquel  les deux co-présidents ainsi que  les sponsors de la soirée ont invité les participants à la soirée.

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